Bioéthique

Projet de loi bioéthique : Qui pense aux enfants ?

Edouard Philippe a annoncé le 12 juin 2019, dans son discours de politique générale à l'Assemblée Nationale, la présentation d'un projet de loi de bioéthique fin juillet au Conseil des ministres, pour une discussion fin septembre au Parlement. Ce projet de loi inclura la généralisation de la " PMA " aux femmes célibataires et aux couples de femmes.
Depuis l'ouverture des Etats Généraux de la bioéthique, les AFC ont dit leur totale désapprobation.

Ce projet priverait délibérément des enfants de père et serait la dernière marche avant la légalisation de la GPA.

Cette évolution changerait profondément le droit de la famille et de la filiation dans notre pays. Aujourd'hui, ce droit est fondé sur la référence biologique à la paternité et à la maternité. Demain, il pourrait être fondé sur le seul " projet parental " ou sur le désir - par essence mouvant - des adultes. Comment les enfants se construiront-ils psychiquement alors que leur état civil leur reconnaîtrait une prétendue " double filiation maternelle ", par nature impossible ?

Ce projet ouvrirait aussi la voie à la commercialisation des produits du corps humain : le Conseil d'Etat chiffre à plusieurs centaines le nombre de donneurs de sperme manquant. La tentation pourrait devenir grande de rétribuer le " don " ou d'acheter du sperme dans les banques de sperme étrangères, notamment au Danemark. La sélection des " donneurs " induit, en outre, une démarche eugéniste.

Les AFC ont été reçues le 25 avril par Adrien Taquet, secrétaire d'Etat en charge de la protection de l'enfance auprès d'Agnès Buzyn, ministre de la Santé et le 11 juin par la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet.

Elles leur ont redit leur très ferme opposition et les ont mis en garde contre les conséquences néfastes de ce projet qui porte les germes d'une nouvelle fracture sociale. Elles ont rappelé combien la loi sur le " Mariage pour tous " avait suscité de clivages et de rancœurs dans notre pays.

Elles se préparent à résister par tous les moyens, y compris par la manifestation, à cette transgression lourde de conséquences.       

" Affaire Vincent Lambert " : quelle société voulons-nous ?

Le médecin en charge de Monsieur Vincent Lambert annonce qu'il va, à compter du 20 mai prochain, mettre fin à sa vie en suspendant son alimentation et son hydratation. Vincent Lambert est une personne handicapée en état pauci relationnel. Il n'est pas en fin de vie.

Cette " affaire Vincent Lambert " ne peut pas ne pas nous interroger à l'heure où nous révisons nos lois de bioéthique. Voulons-nous d'une société régie par la " culture du déchet, qui consiste à trier les êtres humains en fonction de leur utilité à la société de consommation ", selon l'expression du Pape François, ou d'une société qui prend soin des plus fragiles de ses membres ?

Pouvons-nous continuer de soutenir, avec la loi Claeys-Leonetti, que " la nutrition et l'hydratation artificielles " sont des soins qu'il serait possible de suspendre ? Dans sa généralité, cette disposition est potentiellement euthanasique, ainsi que le rappelle le professeur d'éthique médicale Emmanuel HIRSCH qui estime que " donner la mort à un homme en état végétatif serait un dernier pas vers la légalisation de l'euthanasie ".

La vie d'un homme, même dans son extrême fragilité, peut-elle dépendre du regard et du vouloir d'une partie de sa famille, entrainant, de plus, le risque de fracturer douloureusement cette famille ? La dignité de chaque personne humaine est-elle relative à sa capacité de relation ?  Les Associations Familiales Catholiques s'alarment de ce droit à mettre fin, légalement, à la vie d'un homme diminué.

De plus, elles restent interdites de constater que la République française ose faire fi des mesures provisoires prises par le Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU (CIDPH) qui la lient dans l'attente de la décision de ce Comité.

Pour les Associations Familiales Catholiques, les décisions qui seront prises dans les prochains jours sont d'une extrême gravité :

  • Il en va de la vie d'une personne humaine.
  • Il en va d'une certaine idée de l'homme, de sa dignité intrinsèque et inconditionnelle.
  • Il en va d'une certaine idée de la société qui doit, toujours, se porter au chevet des plus vulnérables.
  • Il en va d'une certaine idée de la médecine qui doit protéger et prendre soin. 
  • Il en va d'une certaine idée de l'engagement qui impose à la France de respecter les conventions internationales qu'elle a ratifiées.

  En savoir plus  : http://www.jesoutiensvincent.com/       

La politique familiale : enjeux, objectifs, moyens

L’AFC de la Creuse vous propose de venir vous informer et réfléchir sur la politique familiale (enjeux, objectifs moyens) :
  le jeudi 14 février 2019 à 20h 30 à la Maison paroissiale de Guéret, 4 rue Sylvain Grateyrolles.

Saisissons l’occasion du grand débat national pour faire entendre la voix des familles sur ce sujet !
Contact : 06 15 27 46 89  ou  afcdelacreuse@outlook.com

Formation sur les questions de bioéthique

"Alliance Vita" organise 4 soirées pour s'informer et se former sur les questions de bioéthique.

Ces soirées, qui peuvent prolonger utilement celles qui ont été organisées dans la Creuse en 2018, ont lieu dans le cadre de l'Université de la Vie d'Alliance Vita, à Limoges, en visioconférence, en direct et avec des témoins locaux, sur le thème : La vie à quel prix ?

Au programme de ces 4 soirées : exposés, témoignages et débats sur les thèmes : désir d’enfant, procréation artificielle, GPA, marchandisation du corps, acharnement thérapeutique, fragilité, handicap, dépendance… La vie, à quel prix ?

Intervenants : Tugdual Derville, Caroline Roux, Blanche Stress, Dr. Xavier Mirabel, Olivier Rey, Clotilde Noël, Adeline Le Gouvello, Benoît Clermont… et des invités et témoins exceptionnels à découvrir chaque soir.

Lieu : maison diocésaine - 15 rue Eugène Varlin - 87000 Limoges

Dates : les lundis 14, 21, 28 janvier et 4 février 2019  à 20H00

Inscriptions obligatoires uniquement sur le site: www.universitedelavie.fr 

Si vous êtes intéressés, vous pouvez vous inscrire directement et/ou prendre contact avec les AFC (Associations Familiales Catholiques) de la Creuse : afcdelacreuse@outlook.com .

Soirées débat 2018

A l’occasion des États Généraux de la Bioéthique, l’Association Familiale Catholique (AFC) de la Creuse a organisé une série de soirées-débat au cours du mois de mars 2018. L’objectif était d’éveiller la conscience des Creusois à l’importance des enjeux et de les aider à participer au débat. A la suite de ces soirées-débat, l'AFC a publié le texte suivant le 3 mai 2018 :

Les quatre premiers mois de l'année ont été marqués par les Etats généraux de la bioéthique ; ceux-ci ont abordé des sujets fondamentaux qui intéressent toutes les familles et engagent l'avenir de notre société.

Notre association y a participé en organisant des soirées-débat consacrées au début de la vie, et plus spécialement à la Procréation Médicalement Assistée (PMA). Au-delà de la question essentielle de la filiation, ceci nous a permis d'aborder bien d'autres sujets de bioéthique : recherches sur l'embryon, eugénisme, modifications du génome...

S'appuyant sur ce que nous apprend la biologie, ces réunions nous ont aidé à comprendre que toute vie humaine commence dès la fécondation. A la lumière de ce constat, nous avons pu débattre de la pratique actuelle de la PMA en France, évaluer ses contraintes, ses risques, les problèmes éthiques qui en découlent (création d'embryons surnuméraires...) et enfin découvrir qu'il y a d'autres solutions plus prometteuses et moins déshumanisantes que la PMA pour répondre au désir légitime des couples d'avoir des enfants.

Certes, le sujet n'est pas simple, mais l'une des conclusions de nos réunions est que la technique doit rester au service de l'homme et de sa dignité et que le champ de la PMA devrait plutôt être restreint, notamment la PMA avec donneur externe.

Dans ces conditions, une évolution de la loi pour ouvrir la PMA à des femmes seules, voire à des femmes vivant ensemble serait une grave erreur. Cela reviendrait à créer, dans la loi, des enfants sans père, situation profondément injuste pour l'enfant dont le bien doit être pris en compte avant toute autre considération. Espérons que le législateur aura la sagesse de s'opposer à une évolution aussi insensée.

Par ailleurs, l'actualité nous conduit à  nous pencher sur l'autre extrémité de la vie humaine, avec la question de l'euthanasie. Une forte pression s'exerce pour faire voter une loi sur le sujet. Or, le bon sens voudrait qu'on commence par appliquer les lois en vigueur, même imparfaites (la dernière date de 2016), avec le souci de protéger et d'accompagner toute vie humaine jusqu'à la mort naturelle.

Nous projetons donc d'organiser une ou deux soirées-débat sur le sujet, avant ou après l'été, pour vous aider à réfléchir à ce sujet qui n'est pas moins important et nous concerne tous.

  Pour approfondir ce sujet :  voir le site Eglise et Bioéthique et le site national des Associations Familiales Catholiques