Saints et ecclésiastiques célèbres de nos paroisses

Nos sources

Cette page a été en grande partie conçue à partir des indications du livre "Histoire de la Marche et du Pays de Combraille" par M. Joullietton, publié en 1814 par l'imprimerie-librairie Bétoulle à Guéret, et réédité en 2002 par la librairie L'Hirondelle Blanche à Aubusson.

Ces renseignements ont été complétés par tout ce qu'on peut trouver aujourd'hui sur Internet, la "bibliothèque municipale du village mondial"...

Si vous avez d'autres informations sur ce sujet, vous pouvez les transmettre à l'adresse suivante : michel.arnaud52@gmail.com

Merci...

Evêques originaires des localités de nos paroisses

Ci-contre : Mgr Charles-Antoine de la Roche-Aymon à 72 ans. Tableau de l'atelier d'Alexandre Roslin, maintenant exposé au Musée de San Francisco (USA). Cliquer sur l'image pour l'agrandir.


 Voir dans les cadres ci-dessous les évêques des familles d'Aubusson / de la Feuillade et Morin d'Arfeuille.


Guillaume de Brosse (date et lieu de naissance inconnus, mais fils de Roger de Ste Sévère et frère de Pierre de Boussac), évêque du Puy (1317) puis de Meaux (1318) ; archevêque de Bourges (1321) puis de Sens (1331) ; mort en 1338. 

Aimeric de Châtelus-Mallevaleix (orthographe d'époque) (?-1349), archevêque de Ravenne (en Italie) en 1322, puis évêque de Chartres en 1332, et enfin créé cardinal par le pape Clément VI.

Guillaume de l'Estranges (aujourd'hui commune de Magnat l'Etrange), archevêque de Rouen de 1375 à 1388.

Elie (ou Elias) de l'Estranges, frère ou neveu du précédent, évêque de Saintes (1381) puis du Puy (1398), mort en 1418. Connu pour avoir été partisan de l'antipape Benoît XIII.

Charles-Antoine de la Roche-Aymon, né à Mainsat en 1697, évêque auxiliaire de Limoges (1725, à 28 ans !), évêque de Tarbes (1729), archevêque de Toulouse (1740), archevêque de Narbonne (1752), archevêque de Reims (1762), et créé cardinal par le pape Clément XIV en 1771. C'est lui qui baptisa le futur roi Louis XVI, qui le confirma, qui lui fit faire sa première communion, qui le maria avec Marie-Antoinette (1770), et qui le sacra roi de France en sa cathédrale de Reims (1775). Décédé à Paris en 1777.

Famille d'Aubusson

L'illustre famille d'Aubusson / de la Feuillade a fourni plusieurs évêques à l'Eglise de France :

  • Turpin (ou Turpion) d'Aubusson, évêque de Limoges de 898 à 944
  • Hugues d'Aubusson ou de la Feuillade, évêque de Tulle de 1451 à 1454
  • Louis d'Aubusson, frère du précédent, évêque d'Alet de 1454 à 1455 (le diocèse d'Alet correspond grosso modo au sud du département actuel de l'Aude ; diocèse supprimé à la Révolution, qui n'a jamais été rétabli), puis évêque de Tulle de 1455 à 1471
  • Guichard d'Aubusson, frère des deux précédents, évêque du diocèse de Couserans de 1460 à 1475 (le Couserans correspond sensiblement à l'ouest du département de l'Ariège ; le siège du diocèse et la cathédrale étaient à St Lizier, à côté de St Girons ; diocèse supprimé à la Révolution, qui n'a jamais été rétabli) ; puis évêque de Cahors (1475-1476) ; et enfin évêque de Carcassonne (1476-1497)
  • Georges d'Aubusson (1609-1697), maréchal, duc de la Feuillade, archevêque d'Embrun (1649-1668 ; les archevêques d'Embrun étaient automatiquement princes d'Embrun, comtes de Beaufort et de Guillestre), ambassadeur de France à Venise (1659) puis en Espagne (1661), et enfin évêque de Metz (1669-1697) tout en conservant son titre d'archevêque à titre personnel. Remarquons qu'à cette époque, on pouvait être à la fois évêque et militaire (avec le rang de maréchal ! ) ...

Famille Morin d'Arfeuille

Guillaume Morin (ou Mourins) d'Arfeuille (vers 1300-1369), originaire du château d'Arfeuille près de Felletin, et parent du pape Clément VI, fut aumônier du roi Charles le Bel (Charles IV, roi de France de 1322 à 1328) ; il fut ensuite créé cardinal et nommé archevêque de Saragosse (à l'époque au royaume d'Aragon, aujourd'hui en Espagne).

Guillaume d'Arfeuille, neveu du précédent, créé cardinal en 1367, à l'âge de 28 ans, par le pape Urbain V, "en considération de l'amour que ce pape portait à son oncle".

Nicolas d'Arfeuille, neveu du précédent, créé cardinal par le pape Clément VII en 1378, décédé en 1381. Un tableau le représentant était accroché dans une église de Felletin qui brûla en 1795.

Raimond d'Arfeuille, évêque de Rhodes (aujourd'hui en Grèce) en 1361.

Faideau d'Arfeuille, successeur du précédent comme évêque de Rhodes en 1364.

 En savoir plus sur l'actuel château d'Arfeuille (construit en 1480 sur l'emplacement du château féodal antérieur) - photo ci-dessous par Aubussonais — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16632965

Autres ecclésiastiques et personnalités religieuses célèbres

  • Pierre d'Aubusson, né en 1423 au château du Monteil (aujourd'hui Le Monteil au Vicomte dans la Creuse), mort en 1503 à Rhodes (aujourd'hui en Grèce), fut élu en 1476 comme 40° Grand Maître des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Créé cardinal en 1486 par le pape Innocent VIII, et légat du pape en Asie, il fut surnommé le « Bouclier de la Chrétienté ». C'est lui qui recueillit le prince Djem, fils du Sultan de Constantinople, en 1482, et l'envoya à Bourganeuf où son nom fut francisé en "Zizim" ; il fut "hébergé" (c'est à dire otage et prisonnier, selon les moeurs de l'époque...) dans la tour qui porte encore son nom.
=> Image à droite : Pierre d'Aubusson, 39° successeur du fondateur des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem - gravure de Cars (XVIII° siècle) - cliquez sur l'image pour l'agrandir.

  • Durand de Felletin, mort en 1578 (période des guerres de religion) : théologien et docteur de la Sorbonne, à une époque où les querelles théologiques se multipliaient entre catholiques et protestants.
  • Jacques Brousse, d'Auzances (1590-1673), nommé en 1629 chanoine de la paroisse St Honoré à Paris, prédicateur de renom et auteur de plusieurs ouvrages de théologie. Mêlé à la querelle du jansénisme, il dut se rendre à Rome pendant les discussions à ce sujet ; c'est à cette occasion que le pape Innocent X lui aurait donné la copie de la "Descente de Croix", oeuvre de Daniel de Volterra, exposée encore aujourd'hui en l'église St Jacques d'Auzances.
  • Jean de Brosse, Maréchal de Boussac (1375-1433), accompagna Ste Jeanne d'Arc dans les combats contre les armées anglaises en 1429 (sièges et batailles d'Orléans, de Jargeau, de Meung, de Beaugency, de Patay). Lors du sacre du roi Charles VII en la cathédrale de Reims, il eut l'insigne honneur de porter la "Sainte Ampoule", contenant le Saint Chrême destiné à l'onction royale. A sa mort, il fut enterré en l'abbaye de Prébenoît (située dans la commune actuelle de Bétête), mais ses aventures ne s'arrêtent pas là ! En effet, pour tout héritage il laissa de lourdes dettes. Ses créanciers menacèrent alors de le faire excommunier "post mortem", terrible condamnation (à l'époque...) qui se serait traduite par l'exhumation de son cadavre de la terre sacrée de l'abbaye de Prébenoît, pour le "rétrograder" dans une terre moins sainte !... Fort heureusement, le roi Charles VII voulut bien se souvenir des bons et loyaux services du Maréchal, et dans sa grande magnanimité, il décida de lever un impôt exceptionnel (!...) dans les seigneuries de Boussac, Huriel et Sainte-Sévère, pour apurer le passif de la dette ! Les chroniques de l'époque ne nous disent pas si les contribuables de la région de Boussac apprécièrent vraiment l'élégance de ce geste royal...
  • Guillaume de Chamborent (ou de Chambonnet) : dernier commandeur de la Commanderie du Temple de Blaudeix, au début du XIV° siècle ; lors du procès de l'Ordre du Temple intenté à l'instigation du roi Philippe le Bel, en 1310, il fut désigné comme l'un des quatre procureurs (c'est à dire avocats) chargés de défendre l'Ordre.
  • Jean Guitton (1901-1999) : philosophe, peintre, romancier, membre de l'Académie Française, spécialiste des questions oecuméniques et invité à ce titre à suivre les travaux du concile Vatican II, ami du pape St Paul VI ; sa famille maternelle habitait au château de Fournoux (commune de Champagnat) ; lui-même s'est ensuite installé à quelques centaines de mètres de là, au hameau du Deveix, où il a construit un cloître ouvert et une chapelle privée, ornée de ses tableaux, dans laquelle il a été inhumé avec son épouse.
 Pour en savoir plus sur cette chapelle et sa décoration : Mémoires de la Société des Sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, Tome 56 (années 2010-2011), pages 313 à 336, avec de nombreuses photos de la décoration de la chapelle.

Nos saintes et saints

  • Sainte Carissime (VII° siècle), noble dame du Limousin, se sanctifia dans le mariage, puis dans le veuvage ; elle fonda le monastère Saint Martin de Rozeille (à l'emplacement de la commune actuelle de Moutier Rozeille) ; elle est fêtée le 7 juillet.
  • L'ermite Saint Marien s'est retiré au nord d'Evaux, sur le site de l'actuelle chapelle St Marien, au confluent du Cher et de la Tardes ; c'est lui qui a donné son nom à la paroisse St Marien en Combrailles, ainsi qu'à la commune de St Marien, au nord de Boussac.
  • Deux évêques de Limoges ont été canonisés : Saint Martial (fondateur du diocèse au III° siècle) et Saint Loup de Limoges (évêque au début du VII° siècle). On peut raisonnablement supposer que, pendant la durée de leur épiscopat, ils ont sillonné leur diocèse dans tous les sens, dans le cadre de ce que nous appellerions aujourd'hui des "visites pastorales" ; il est donc très probable qu'ils aient arpenté le territoire actuel de nos trois paroisses... 
  • Une tradition locale rapporte que Martial, à son entrée en Limousin en provenance de Rome, accompagné des futurs saints Alpinien et Austriclinien, se serait arrêté à Toulx Ste Croix, où il aurait ressuscité le fils d'un notable ; la "Vita prolixior", biographie de St Martial écrite par Adémar de Chabannes au début du XI° siècle (800 ans après les faits), raconte de son côté qu'à Toulx il guérit une possédée, fille d’Arnulfus, ainsi qu'un jeune garçon, le fils de Nerva, qui était en train de périr étouffé ; ces miracles auraient entraîné la conversion au christianisme de tous les habitants du village...
  • Une autre tradition locale nous montre Martial, empruntant une voie romaine de notre secteur, d'Ahun vers Limoges. Son passage est jalonné par des localités qui gardent son nom : St Martial le Mont, La Chapelle St Martial... Il rencontre des populations celtiques révérant des divinités païennes du panthéon gallo-romain. A Ahun, il se heurte à des habitants hostiles. Tandis qu'il prêche la religion nouvelle, il est violemment pris à parti par les prêtres "officiels". On raconte qu'il aurait accompli des guérisons, des miracles et des conversions, mais une partie de la population, excitée par les prêtres de Mercure et de Jupiter, le chasse à coups de pierres et le poursuit dans les bois. A la Pierre-du-Marteau (tout près du Donzeil), au milieu de la forêt, là où se trouve une borne milliaire, Martial est épuisé et excédé. Il jette à terre le lourd marteau qu'il avait l'habitude de porter (d'où l'origine du toponyme) et il invoque le Christ. Soudain, deux lions sortent du bois et mettent en fuite les poursuivants. Se retournant alors vers Ahun, il profère cette malédiction : "Tant qu'Ahun existera, dans chaque maison fou il y aura". Puis, escorté des deux lions, le saint évangélisateur poursuit son chemin ; mais les lions terrorisent les paysans, aussi décide-t-il, à La Chapelle Saint Martial, de les transformer en statues de pierre. Un lion en granit est encore présent aujourd'hui sur la place de ce village, devant l'église... et son "collègue" est à St Georges la Pouge (localité située quelques kilomètres plus loin sur la voie romaine). (d'après Jean-Marie CHEVALIER, Le Donzeil, un village à travers l'Histoire, édition l'Harmattan, 2001).

Martyrs des Carmes (1792)

Parmi les 191 évêques, prêtres, religieux et laïcs morts martyrs au couvent des Carmes à Paris au début de septembre 1792 au moment de la Terreur, deux étaient originaires du territoire de la paroisse Notre Dame de Haute Marche :

  • François Dumasrambaud de Calendelle est né à La Chaussade le 18 octobre 1754. Ordonné prêtre, il exerce à Ajain avant de devenir chapelain de l’évêque de Limoges. On ne sait pour quelle raison il se trouvait à Paris en 1792.
  • François Vareilhe-Duteil est né à Felletin le 15 juin 1734. Il entre au noviciat des Jésuites en 1751 ; il prononce ses premiers vœux en 1753, étudie et enseigne ensuite à Bordeaux et Poitiers. On perd sa trace à la suppression de la Compagnie de Jésus en 1773. On le retrouve chanoine de la collégiale Saint Merri à Paris, puis retiré dans la maison des prêtres de Saint François de Sales à Issy les Moulineaux, où il est arrêté le 15 août 1792 avec d’autres prêtres infirmes ou âgés, puis transféré au couvent des Carmes à Paris. Son nom figure parmi les victimes sur le registre mortuaire au 2 septembre 1792.

On peut vénérer ces bienheureux dans la crypte de l’église Saint Joseph des Carmes (à l’Institut Catholique, Paris 6°). Ils ont été béatifiés en 1926 par le pape Pie XI, la date de leur fête étant fixée au 2 septembre. Parmi les 191 martyrs, un seul a été canonisé à ce jour (par le pape François en 2016) : Saint Salomon Leclercq, frère des écoles chrétiennes, après la reconnaissance de la guérison miraculeuse en 2007 au Vénézuéla d’une fillette de 5 ans piquée par un serpent venimeux.

L'abbé Michon, remarquable curé de La Courtine au XVIII° siècle

Le Père Jean-Baptiste Michon, né en 1700 à Flayat, est nommé vicaire de la paroisse de Flayat en 1729, puis curé de Saint Denis en 1741 ; il y meurt en 1765. A part son année de séminaire, il aura donc passé toute sa vie dans un territoire à peine plus grand qu'un timbre poste ! (de Flayat à St Denis = 17 km).

A cette époque, la paroisse de St Denis avait deux annexes, l'une à La Courtine, et l'autre à La Daigue (l'église de Lombarteix avait déjà disparu) ; mais pendant la Révolution, les communes de La Courtine et St Denis ont fusionné, sous le nom de "La Courtine" ; quant à La Daigue, le village et son église ont été rasés pour faire place nette au camp militaire de La Courtine, au début du XX° siècle.

Quelle est la situation religieuse au temps du P. Michon ? Après l'apparition de la réforme protestante au début du XVI° siècle, la papauté organise en réponse le concile de Trente de 1545 à 1563 (Trente est une ville du nord de l'Italie, dont les habitants s'appellent les tridentins et tridentines). Ce concile a pour principaux objectifs de mettre fin à divers abus au sein de l'Eglise catholique romaine, de confirmer plusieurs points de doctrine réfutés par les protestants, et de prescrire de nouvelles orientations pour rafraîchir et restaurer la foi des catholiques : c'est la "contre-réforme", également appelée "réforme tridentine". La mise en oeuvre pratique des décisions du concile de Trente est lancée par le pape Saint Pie V (1566-1572), mais elle mettra "un certain temps" pour franchir les frontières, arriver jusqu'aux évêques, puis jusqu'aux prêtres et enfin jusqu'aux fidèles. Il est vrai que la fin du XVI° siècle et tout le XVII° siècle sont marqués en France par les guerres de religion, l'Edit de Nantes et sa révocation, le jansénisme, le quiétisme, le gallicanisme... Aussi la contre-réforme peut-elle sembler moins urgente aux yeux du pouvoir royal et du clergé, et elle avance donc lentement, très lentement, au milieu de tous ces obstacles... Soutenue par Mgr de Coëtlosquet, évêque de Limoges de 1739 à 1758, elle finit quand même par arriver à la paroisse de St Denis au milieu du XVIII° siècle, donc environ 180 ans après Saint Pie V : à la vitesse d'un escargot au grand galop...

A St Denis, le P. Michon se dépense (et dépense son argent et celui de sa famille) dans différentes actions "innovantes", qui viennent évidemment en plus de ses activités "ordinaires" de curé de paroisse :

  • les bâtiments d'église : à son arrivée, les trois églises de La Courtine, St Denis et La Daigue étaient en si mauvais état que leur accès était interdit pour raison de sécurité ! Il fait réparer et rouvrir St Denis et La Daigue ; à La Courtine où la situation est encore plus critique, il fait carrément démolir l'ancienne église et en fait construire une nouvelle, mieux placée dans le centre du bourg, plus près des fidèles (c'est l'église actuelle Notre Dame de l'Assomption, dans laquelle le P. Michon a d'ailleurs été inhumé ; mais elle était relativement petite, car les finances ne suivaient pas... elle a été bien agrandie à la fin du XIX° siècle par le P. Villatel, nouveau curé bâtisseur)
  • la décoration : il orne les trois églises de tableaux et statues de saints, pour que ceux-ci deviennent plus familiers aux paroissiens ;
  • les croix : il fait restaurer les croix existantes, en aussi mauvais état que les églises, et implante des croix à (presque) tous les carrefours qui n'en sont pas encore pourvus (il avait déjà multiplié les croix dans la paroisse de Flayat, quand il y était vicaire ; en plus des croix, il a également fait planter beaucoup d'arbres : c 'était un écologiste avant l'heure !)
  • les dévotions locales : il remet en vigueur les fêtes patronales et soigne la liturgie ; il relance les confréries des différents saints patrons ; il relance également les rogations et autres prières climatiques, très importantes en milieu rural, où l'énorme majorité des fidèles est constituée d'agriculteurs, d'ouvriers agricoles, et de leurs familles ;
  • les processions : il multiplie les processions à l'occasion des fêtes religieuses et des fêtes patronales, et même des dimanches "ordinaires", en traçant des itinéraires en zigzag qui permettent de visiter les différentes croix et de "surmultiplier" les prières et les cantiques... et ainsi de "survitaminer" la vie paroissiale ;
  • les confréries tridentines : il crée trois nouvelles confréries : la confrérie du Saint-Sacrement, la confrérie du Rosaire, et la confrérie de Notre Dame du Mont Carmel et du Scapulaire, ceci pour faire passer "en douceur" les décisions et orientations du concile sur l'Eucharistie, la Ste Vierge Marie et le culte des saints, sujets de friction avec les protestants ;
  • la formation : il met en place une "pédagogie" (nous dirions aujourd'hui : des cours du soir) pour approfondir la formation religieuse et spirituelle de paroissiens bien motivés ; sa réputation est telle qu'on y vient même des paroisses voisines ; au catéchisme, il utilise un langage clair et accessible aux enfants ;
  • les familles : il les visite toutes ; il établit leur arbre généalogique ; il est très proche de ses ouailles.
Quel résultat à ces actions ? Quelques chiffres permettent de le mesurer : parmi les personnes en âge d'adhérer aux nouvelles confréries (c'est à dire en écartant du calcul les jeunes enfants qui n'ont pas encore fait leur première communion), le taux d'adhésion à la confrérie du St Sacrement est d'environ 40% de la population totale ; à la confrérie du Rosaire, environ 35% ; et à la confrérie de Notre Dame du Mont Carmel et du Scapulaire, environ 70%. Chapeau bas, Monsieur le Curé !

Et pourquoi l'abbé Michon et pas les autres curés de paroisse ? Parce que le P. Michon, pendant ses années en tant que curé à St Denis, a rempli deux gros cahiers (les "Annales de La Courtine"), en notant régulièrement ses différentes actions, ses dépenses et ses recettes, ses visites aux familles, les réparations et travaux, etc... et parce que ces deux cahiers ont miraculeusement traversé les siècles (y compris la Révolution) sans dommage, et sont parvenus jusqu'à nous ; ils sont maintenant conservés aux Archives Départementales à Guéret, et ils constituent une mine de renseignements concrets pour les historiens et les chercheurs. Mentionnons aussi le fait que la réforme protestante n'a pas beaucoup atteint le secteur géographique de La Courtine, montagneux et difficile d'accès à l'époque... Et puis le P. Michon n'a pas fait tout ça tout seul, il a assurément reçu un sérieux coup de pouce du Saint Esprit, de son ange gardien, etc... et le soutien actif de son évêque et de sa hiérarchie ! Quant aux autres curés, seul le manque de documentation nous empêche de savoir s'ils n'ont pas fait encore plus et mieux que le P. Michon...

 Pour en savoir plus sur le P. Jean-Baptiste Michon : Mémoires de la Société des Sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse, tome 56 de 2010/2011, pages 229 à 259, par Stéphane Lajaumont.