Le  sens  du  patrimoine  religieux

 L'Eglise hérite d'un riche patrimoine religieux et culturel. L'Etat, les collectivités locales, investissent beaucoup pour le sauvegarder et le mettre en valeur. Des municipalités, même très modestes, font de grands efforts pour restaurer leur église, propriété communale. Les chantiers de rénovation d'église sont très nombreux... et il m'a déjà été donné de participer à de nombreuses cérémonies d'inauguration en Limousin, où se côtoient élus locaux, services culturels, responsables associatifs, entrepreneurs, clergé, et nombre de citoyens de tous milieux et de tous bords.

 Fidèles du Christ, nous sommes, pour notre part, héritiers de ce patrimoine, plus spécialement dépositaires de son sens, en raison du lien vivant avec la foi chrétienne qui en a inspiré la création. Nous sommes donc responsables de sa transmission intégrale. Les communautés chrétiennes doivent assumer leur responsabilité propre à cet égard.

 Il nous appartient de faire vivre les églises communales légalement affectées au culte catholique selon leur destination première. Messes, baptêmes, mariages et sépultures, liturgie des heures, doivent être célébrés à l'église autant que possible. Que les fidèles s'y réunissent, tout spécialement le dimanche, pour célébrer la résurrection du Seigneur.

 Mais nous devons mettre ce patrimoine à la disposition de tous. Nous devons ouvrir nos églises, en assurer l'entretien, les rendre accueillantes, donner toutes les informations utiles, préserver le silence et la paix qui favorisent le recueillement et la prière. Il faut permettre au passant, au visiteur, au pèlerin, quelle que soit sa quête, de se laisser saisir par la beauté du lieu, et d'accéder au message qui lui donne sens. Beaucoup de nos contemporains sont sensibles à la culture. Nous devons être présents pour engager le dialogue avec eux. (...)

 Cependant, il ne suffit pas d'entretenir ce patrimoine religieux, d'accompagner avec bienveillance et de réceptionner des travaux de rénovation. Il faut encore risquer une proposition, offrir ce patrimoine à la visite, avec le sens que lui donnent les croyants d'hier et d'aujourd'hui. Il s'agit en somme de le présenter comme un lieu habité, comme un lieu vivant ; comme un lieu de prière où, effectivement, il y a des croyants qui se rassemblent pour prier et célébrer la liturgie de l'Eglise, où il y a des fidèles qui font mémoire de la mort du Christ, qui proclament sa résurrection et qui espèrent son retour glorieux. 

extrait de la Lettre pastorale "Un peuple en marche", 1° novembre 2014.

+ François KALIST, à l'époque Evêque de Limoges

(maintenant Archevêque de Clermont Ferrand)

(Photo : église de La Rochette)

 L'EGLISE

Dans le ciel, s'élève un clocher,
Présence visible de Dieu.
On ne peut pas abandonner,
Tant de travail, sueurs et vies,
Offerts par tous les villageois.
On ne peut oublier les joies,
Non plus que tous les temps de peines,
Vécus aux moments des adieux.
Toute cette mémoire humaine,
Nous devons en avoir souci.

Ce lieu de rencontre avec Dieu,
Où notre peuple se rassemble,
Lieu de Parole et de partage,
Les cloches et les chants y résonnent.
Et, si quelquefois, il nous semble,
Revoir un lieu abandonné,
Il reste alors quelques personnes,
Qui ont à coeur de le garder,
Vivant, ouvert pour le voyage,
Un endroit calme et silencieux.

Nos églises sont lieux de vie.
Elles sont mémoires des vies anciennes,
Des témoins des vies d'aujourd'hui.
Elles montrent la joie de l'enfance,
Des êtres y déposent leurs peines.
Rappellent la vie de Jésus,
Sur notre terre, il est venu,
Porteur de la nouvelle alliance,
Où Dieu nous offre son Amour.
L'église est ce lieu pour toujours.

            E.G.

(panneau dans l'église de La Rochette, commune de St Médard La Rochette)

(cliquez sur l'image pour l'agrandir)

DES CROIX EN CREUSE

Certaines de travers,
Sur leur socle de pierre,
D'autres s'élèvent fières, 
Vers le ciel qu'on implore.
Tant de mains ont scuplté,
Tant de mains ont prié,
Ce Dieu que l'on ignore.
Les villages ont leurs croix, 
Des témoins de leur foi.
Ces oeuvres sont trésors,
Aux sentiers de l'aurore.

 E.G.       

Photo ci-dessus : Croix, chapelle N.D. de Borne, St Michel de Veisse - Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Le granit :
matériau régional

 Mais ici le granit s'imposait déjà. Il donnait aux constructions cette spécificité limousine, ce caractère à la fois rude, stable, puissant et fort, capable de franchir les siècles et d'atteindre l'éternité...   

Marguerite-Marie IPPOLITO, dans son livre "Bernard de Ventadour" p.8, éditions L'Harmattan 

Bénitier - Eglise St Médard, commune de St Médard La Rochette

Le bénitier

Très souvent, il est délaissé,
Inaperçu, le bénitier.
Entrant, certains plongent leurs doigts,
Dans l'eau offerte à ceux qui sèment,
Puis tracent le signe de croix,
Rappelant ainsi leur baptême.
Signe qui traverse les temps,
Un geste simple et vivifiant,
Pour entrer dans la vie du Christ.

EG

Ouverture,  entretien  courant  et  fleurissement  de  nos  églises

Des bénévoles assurent régulièrement l’ouverture et la fermeture des églises et des chapelles, leur entretien courant (nettoyage, affichage, cierges, ...) et leur fleurissement.

Cette activité, réalisée dans la discrétion, est un service d’Église indispensable, qui participe à l’accueil des visiteurs et à la beauté des cérémonies religieuses.

Elle reflète aussi la vitalité de la communauté locale, autour de chaque clocher, et le souci de l'accueil du simple passant dans les meilleures conditions, ce qu'on pourrait appeler "l'hospitalité spirituelle". Combien d'incroyants ont été convertis, littéralement retournés comme une crêpe, en entrant dans une église, saisis par la présence divine...

Si vous pouvez donner un peu de votre temps pour ce service, faites-vous connaître auprès de l'équipe locale, ou à défaut au secrétariat commun des trois paroisses (coordonnées tout en bas de cette page).
Et si l'âge ou des problèmes de santé ou autres vous empêchent de participer à ces tâches, remplacez-les par la prière pour la conversion des visiteurs...

 En savoir plus sur le fleurissement liturgique.

Notre Dame de Paris

Extraits de l’homélie de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, lors de la messe de la fête de la Dédicace de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 15 juin 2019 (deux mois après l'incendie) :

 Oui, cette cathédrale est un lieu de culte, c’est sa finalité propre et unique. Il n’y a pas de touristes à Notre-Dame, car ce terme est souvent péjoratif et ne fait pas droit à ce mystère qui pousse l’humanité à venir chercher un au-delà de soi. Ce bien cultuel, cette richesse spirituelle, ne peuvent être réduits à un bien patrimonial. Cette cathédrale, œuvre commune au service de tous, n’est que le reflet des pierres vivantes que sont tous ceux qui y pénètrent.

Peut-on vraiment, par ignorance ou par idéologie, séparer la culture et le culte ? L’étymologie elle-même montre le lien fort qui existe entre les deux. Je le dis avec force : une culture sans culte devient une inculture. Il n’est qu’à voir l’ignorance religieuse abyssale de nos contemporains, en raison de l’exclusion de la notion divine et du Nom même de Dieu dans la sphère publique en invoquant une laïcité qui exclut toute dimension spirituelle visible.

Comme tout édifice, la cathédrale comprend une pierre angulaire qui porte l’ensemble du bâtiment. Cette pierre angulaire, c’est le Christ. Si nous retirions cette pierre, cette cathédrale s’effondrerait. Elle serait une coquille vide, un écrin sans bijou, un squelette sans vie, un corps sans âme.

La cathédrale est le fruit du génie humain, c’est le chef-d’œuvre de l’homme.
La personne humaine est le fruit du génie divin, c’est le chef-d’œuvre de Dieu.
Quand les deux se rejoignent en la personne de Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme, s’accomplit alors véritablement l’Alliance entre le transcendant et l’immanent (Ciel et terre). C’est ici et maintenant, dans cette cathédrale, à chacune de nos eucharisties célébrées, que se réalise cette Alliance, quand la chair du Christ, partagée par tous, nous ouvre à la vie éternelle.
C’est peu de dire que nous sommes heureux de célébrer cette messe pour rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à l’homme sa vocation sublime.  

Notre Dame de Paris

Notre Dame a brûlé,
Sur les bords de la Seine ;
Sa flèche, une œuvre humaine,
Par le travail dressée,
Les flammes ont embrasée.


Symbole d’éternité,
Parti dans la fumée,
République au fronton,
Révèle l’émotion,
Du peuple bouleversé.
Alors le monde entier,
Fait écho à sa peine.
Sur les bords de la Seine,
Notre Dame a brûlé.


De partout, défenseurs,
De Paris, pris au cœur,
Se rassemblent et s’unissent,
Où l’avenir se tisse,
Loin des flammes et des haines.
Sur les bords de la Seine,
Notre Dame renaîtra.