Vie du diocèse et de l'Eglise

Des vacances autrement avec la Pastorale du Tourisme - été 2022 -

Retrouvez dans la plaquette ci-contre, éditée par le diocèse de Limoges, mille idées pour vivre des vacances d'été 2022 autrement, en Creuse et Haute-Vienne, sur le thème "Des vacances autrement : Eau, source de vie" :

  • Églises : accueil, visites, expositions...
  • Découverte du patrimoine religieux
  • Les rendez-vous de l’été
  • Sanctuaires limousins
  • Pèlerinages et fêtes votives
  • Animations spirituelles
  • Manifestations diverses...
 Cliquez sur l'image pour lire ou télécharger la plaquette.

Pentecôte 2022 - Assemblée diocésaine du diocèse de Limoges :
Synthèse du samedi 4 juin : 
9 PORTES D’ENTRÉE POUR UNE ÉGLISE EN MISSION


Quelques chiffres d'abord :
  • 280 délégués présents dont 30 jeunes
  • 84 sujets travaillés
  • 3 rondes d’ateliers de 1h30 chacun
  • 9 portes d’entrée
Allons-y !

Présentation de cette synthèse par Mgr Bozo :
C’est comme une Pentecôte diocésaine qu’ont vécue les délégués réunis en assemblée synodale, au terme d’une année préparatoire. L’Esprit a ouvert les cœurs et délié les langues pour que continuent d’être proclamées en Limousin « les merveilles de Dieu » (Ac. 2).
Nous avons discerné dans ce foisonnant travail comme 9 « portes d’entrée » pour la mission. Vous les trouverez ici synthétisées. Les trois premières ont été plébiscitées comme prioritaires. Elles ne sont que des « titres » un peu développés. Elles sont riches de très nombreuses propositions concrètes qu’il nous faudra valoriser (l’ensemble est
disponible sur le site internet).
Ces neuf portes sont à franchir par chaque paroisse, mouvement, service comme ils l’entendent, en puisant dans tout le travail de l’assemblée. Après avoir pris le temps de la consultation et de la réflexion, à la rentrée, je proposerai des repères et un tempo pour que notre diocèse honore tout ce qui nous a été donné en cette Pentecôte.

 1 - Développer des communautés fraternelles 
La qualité de l’accueil dans nos églises et dans nos lieux de vie chrétienne est le premier témoignage de fraternité. Il passe par de petits gestes : beauté des lieux, convivialité multiforme, soin de l’accueil, informations rassurantes, fleurissement, sourire... Tout cela permet de rejoindre avec respect et délicatesse ceux qui s’approchent de l’Église. Nous sommes co-responsables de la fraternité.

 2 - La paroisse, projet missionnaire 
La pastorale paroissiale doit devenir plus missionnaire. Pour cela, les expériences et les outils nouveaux favoriseront la rencontre du Christ ; les territoires paroissiaux et leur animation, qu’on pourra revoir, doivent favoriser la proximité, la fraternité, le suivi de ceux qui s’adressent à l’Église. On sera attentif aux rythmes familiaux, à la gratuité et la convivialité, à l’adaptation du langage, à la formation, à la communication, à l’accompagnement et au suivi des projets.

 3 - Les périphéries, une chance pour l’Église 
Nous sommes appelés à rencontrer généreusement et à annoncer Jésus-Christ au-delà des cercles chrétiens. Le monde associatif, les relations de quartiers et de village, le monde professionnel, politique, culturel et artistique et tous les lieux de débat autour de la vie, de la mort, de nos styles de vie sont remplis de gens passionnés et passionnants, avec qui nous sommes invités à dialoguer.

 4 - Une foi en perpétuel renouvellement 
La méditation constante de la Parole de Dieu, le mystère eucharistique, servi par une liturgie soignée et reçue, la louange, la prière en paroisse, en petits groupes, nourrissent les disciples-missionnaires. Ils trouvent comment se nourrir intellectuellement et spirituellement.

 5 - « Vous serez mes témoins » 
La rencontre du Christ passe par le témoignage de tous les baptisés, disciples-missionnaires, dans leur quotidien, leurs choix de vie, leurs engagements. La vie consacrée porte également un témoignage à valoriser. La vie des chrétiens doit davantage faire signe.

 6 - Accueillir la différence 
La différence se présente sous de nombreuses formes : pauvretés, fragilités, migrants et toutes les formes d’exclusion sociale... Il nous importe de repérer, rejoindre et soutenir les personnes différentes, qui ont aussi des choses à nous dire et à apporter. Partage, respect et bienveillance sont des marqueurs chrétiens et 2023 sera l’année de la Charité !

 7 - Pour une Église verte 
Inspirés par le récit de la Création, par Laudato Sì, nous voulons développer partout l’écologie intégrale, un label « Église verte » pour un diocèse tout vert, la sobriété heureuse pour passer du gaspillage au partage.

 8 - Pas d’Église sans les femmes ! 
Les femmes sont massivement investies au service de notre diocèse. Elles en forment la plus grande part. Comment mieux reconnaître et valoriser leur place ? Les responsabilités confiées, les ministères institués (lectorat, acolytat, catéchiste) revalorisés récemment par le Pape François, sont des pistes à travailler pour manifester leur rôle indispensable et leur égale dignité avec les hommes.

 9 - Être appelants pour les jeunes 
Les jeunes générations sont prêtes à s’engager, selon des modalités qui peuvent nous déconcerter, par une certaine radicalité. Elles ont besoin de lieux d’accueil, d’accompagnement, de témoignages de vie et de foi, de rassemblements enthousiasmants, mais aussi de responsabilités confiées. Les aumôneries, les écoles catholiques, les mouvements et les paroisses sont des lieux privilégiés pour favoriser la fraternité, l’éveil des vocations, transmettre le sens du beau, du sacré.

Appel à l'aide du diocèse de Ouahigouya

Nous reprenons ici les déclarations de Mgr Bozo, notre évêque, et celle de Mgr Kientega, évêque de Ouahigouya, diocèse avec lequel nous sommes jumelés depuis des années, "pour le meilleur et pour le pire"...

La partie nord du Burkina Faso où se situe le diocèse de Ouahigouya traverse une période de grande épreuve, liée au développement d’un islam radical et violent, qui exacerbe des tensions inter-ethniques. Le diocèse de Ouahigouya compte déjà 17 victimes d’attentats et doit affronter l’accueil de plus de 70 000 réfugiés qui fuient les villages menacés.
Les structures étatiques sont défaillantes et le diocèse doit pourvoir à l’accueil et à l’aide à ces réfugiés ; à quoi s’ajoutent des épisodes de sécheresse récurrents qui aggravent le déficit d’autonomie alimentaire.
Face à cette situation dramatique, Mgr Katienga exprime un besoin urgent en matière d’abris, de kits de survie et d’appui alimentaire à moyen et long terme. Il faut aussi trouver une solution pour que les nombreux enfants déplacés puissent continuer l’école, car c’est justement l’obscurantisme qui fait le lit du terrorisme. Des aides ont déjà été obtenues mais restent très en deça des besoins. Mgr Katienga en appelle aux organisations humanitaires, à toutes les personnes de bonne volonté et, notamment à celles de notre diocèse. Il compte également sur nos prières pour que revienne la paix dans son pays.
Pour faire appel à notre générosité financière, Mgr Bozo a confié à l’association humanitaire MIL’AMI le soin de recueillir les dons (espèces, chèques...)

Merci de tout coeur !

Pour bien participer 
à la messe « à distance »



Pour suivre la messe à la radio, à la télévision ou sur écran d’ordinateur, voici quelques attitudes simples pour bien participer :

 Préparer son poste ou son écran en déposant devant des fleurs, une bougie, une image exprimant le mystère chrétien.
 Choisir le siège qui convient, peut-être différent du fauteuil ou du canapé habituel dans lequel on regarde le match de foot ou un divertissement.
 Rester sur la chaîne qui diffuse la Messe, sans zapper d’une chaîne à l’autre.
 Recréer comme un espace liturgique, soustraire les motifs de distraction possibles autour de soi, faire de beaux gestes, favoriser les conditions de silence, de méditation.
 Dans la mesure du possible, se lever quand le moment liturgique le demande, et faire les signes qui sont habituellement faits lorsqu’on participe à l’Eucharistie dans une église (signe de croix, génuflexion, ...).
 Ne pas considérer qu’on participe spirituellement à l’Eucharistie si on regarde en rediffusion la messe. La participation doit avoir lieu en temps réel, car nous avons à entrer dans le temps de « plénitude » de l’Eucharistie.
 Il est beau de participer spirituellement à l’Eucharistie avec une intention de prière en temps de Carême (catéchumènes, conversion, charité, ...) et en temps d’épreuve (épidémie, malades, défunts, soignants, ...).
 Cela n’a évidemment pas la même valeur que la messe avec un rassemblement des fidèles dans l’église. Cependant, le jeûne de la communion eucharistique permet une vraie communion spirituelle au Christ ressuscité dont la présence est « réelle » dans le cœur par la foi et l’amour, dans la « petite Église » qu’est la famille.
 Ce jeûne avive le désir de communier : « Mon âme a soif du Dieu vivant. » (Ps 41,3 ; 62,2). La dimension eschatologique de l’Eucharistie se manifeste de manière forte : « Nous attendons Ta venue dans la gloire » ; « Viens Seigneur Jésus » (Ap 22,20).
 La joie sera d’autant plus grande le jour où il sera possible de se rassembler et de recevoir la communion eucharistique, et, pour les prêtres, de pouvoir célébrer l’Eucharistie avec l’assemblée des fidèles, quand Dieu voudra...

 La quête est un acte liturgique, qui permet au fidèle de participer à la vie économique de la paroisse. Vous pouvez participer à la "quête en ligne", en cliquant sur le lien qui convient :

Un conseil en terre creusoise

Au cœur de l'univers en veille
Une planète à son réveil,
Se surprend à mieux respirer.
La Terre alors tout étonnée
Réunit un conseil d'urgence,
Faune et flore en rassemblement.
Les disparus gardent silence,
Les menacés alors s'avancent.
Qui cause cet événement ?
Certains voudraient se faire mousser
Mais pas de preuves à apporter.
Longtemps nous avons essayé,
Nombre voix se sont élevées,
Pourtant peu les ont écoutées,
Trop souvent ont été moquées.
Qui nous rend la respiration ?
Il nous faut des explications !
Regardons vers l’humanité.
Envolées les activités !
Restent des points d’agitation :
Ceux qui font encore résistance
Ceux qui salissent et font sévices,
Le profit contre l’existence.
Ceux-là faudra-t-il les soigner ?
Chacun alors de s’indigner !
Terre s’exprime, salvatrice :
« L’humain qui se met au service,
Ne bâtit pas de différences ».
D’autres humains sont au travail
Pour apporter soins, victuailles
Aux confinés dans leur bercail.
Terre repose la question :
Qui cause ces événements ?
Beaucoup de bruit, d’agitation,
Couvraient la voix du plus petit.
Quand fut calmée la frénésie,
On entendit l’avocaillon :
« C’est moi qui cause tout ce bruit ! »
Chacun se presse d’observer
Avec des yeux écarquillés,
Aucun n’aperçoit l’avorton.
« Ici, vous ne me voyez pas ? »
Terre calme le brouhaha
« Et tu prétends, toi le minus,
Avoir causé tous ces tourments !
Il suffisait d’un tout petit
Pour semer la mort et la vie !
Dépêchons-nous d’en profiter
Car le répit va-t-il durer ?
Si l’humanité oubliait ! »
Si c’est ainsi, je reviendrai,
Je suis le coronavirus !

EG

Statue de la Vierge Noire à l'Enfant, dite "Notre Dame Sous-Terre" - église de St Quentin la Chabanne (23). Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Notre Dame Sous-Terre, priez pour nous

Prière du Pape François à Marie - 1

Ô Marie,
tu resplendis toujours sur notre chemin
comme signe de salut et d’espérance.
Nous nous confions à toi, Santé des malades,
qui, auprès de la croix, as été associée à la douleur de Jésus,
en maintenant ta foi ferme.

Toi, Salut du peuple romain,
tu sais de quoi nous avons besoin
et nous sommes certains que tu veilleras
afin que, comme à Cana de Galilée,
puissent revenir la joie et la fête
après ce moment d’épreuve.

Aide-nous, Mère du Divin Amour,
à nous conformer à la volonté du Père
et à faire ce que nous dira Jésus,
qui a pris sur lui nos souffrances
et s’est chargé de nos douleurs
pour nous conduire, à travers la croix,
à la joie de la résurrection. Amen.

Sous Ta protection nous cherchons refuge, Sainte Mère de Dieu.
N’ignore pas nos supplications, nous qui sommes dans l’épreuve,
et libère-nous de tout danger, Ô Vierge glorieuse et bénie.

Prière du Pape François à Marie - 2

« Sous ta protection nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu »

Dans la présente situation dramatique, chargée de souffrances et d’angoisses qui frappent le monde entier, nous recourons à Toi, Mère de Dieu et notre Mère, et nous cherchons refuge sous ta protection.

O Vierge Marie, tourne vers nous tes yeux miséricordieux dans cette pandémie du coronavirus, et réconforte ceux qui sont perdus et qui pleurent leurs proches qui sont morts, enterrés parfois d’une manière qui blesse l’âme. Soutiens ceux qui sont angoissés pour les personnes malades auprès desquelles, pour empêcher la contagion, ils ne peuvent être proches. Suscite la confiance en celui qui est inquiet pour l’avenir incertain et pour les conséquences sur l’économie et sur le travail.

Mère de Dieu et notre Mère, implore pour nous de Dieu, Père de miséricorde, que cette dure épreuve finisse et que revienne un horizon d’espérance et de paix. Comme à Cana, interviens auprès de ton Divin Fils, en lui demandant de réconforter les familles des malades et des victimes, et d’ouvrir leur cœur à la confiance.

Protège les médecins, les infirmiers et les infirmières, le personnel sanitaire, les volontaires qui, en cette période d’urgence, sont en première ligne et risquent leur vie pour sauver d’autres vies. Accompagne leur fatigue héroïque et donne-leur force, bonté et santé.

Sois aux côtés de ceux qui, nuit et jour, assistent les malades ainsi que des prêtres qui, avec sollicitude pastorale et engagement évangélique, cherchent à aider et à soutenir chacun.

Vierge Sainte, éclaire l’esprit des hommes et des femmes de science, pour qu’ils trouvent de justes solutions pour vaincre ce virus.

Assiste les Responsables des Nations, pour qu’ils œuvrent avec sagesse, sollicitude et générosité, en secourant ceux qui manquent du nécessaire pour vivre, en programmant des solutions sociales et économiques avec clairvoyance et avec esprit de solidarité.

Marie très Sainte, touche les consciences pour que les sommes considérables utilisées pour accroître et perfectionner les armements soient au contraire destinées à promouvoir des études adéquates pour prévenir de semblables catastrophes dans l’avenir.

Mère très aimée, fais grandir dans le monde le sens d’appartenance à une seule grande famille, dans la conscience du lien qui nous unit tous, pour que nous venions en aide aux nombreuses pauvretés et situations de misère avec un esprit fraternel et solidaire. Encourage la fermeté dans la foi, la persévérance dans le service, la constance dans la prière.

O Marie, Consolatrice des affligés, embrasse tous tes enfants dans la tribulation et obtiens que Dieu intervienne de sa main toute puissante pour nous libérer de cette terrible épidémie, afin que la vie puisse reprendre dans la sérénité son cours normal.

Nous nous confions à Toi, toi qui resplendis sur notre chemin comme signe de salut et d’espérance, o clémente, o miséricordieuse, o douce Vierge Marie. Amen.

Méditation "Urbi et Orbi" le 27 mars 2020 à Rome : « Le temps du choix »


Evangile selon St Marc, 4, 35-41 : Ce jour-là, le soir venu, il dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. » Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Méditation du pape François le vendredi 27 mars : « Réorienter la route de la vie vers toi, Seigneur, et vers les autres » :

« Le soir venu » (Mc 4, 35). Ainsi commence l’Evangile que nous avons écouté. Depuis des semaines, la nuit semble tomber. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage: cela se sent dans l’air, cela se ressent dans les gestes, les regards le disent. Nous nous retrouvons apeurés et perdus. Comme les disciples de l’Evangile, nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. Dans cette barque… nous nous trouvons tous. Comme ces disciples qui parlent d’une seule voix et dans l’angoisse disent : « Nous sommes perdus » (v. 38), nous aussi, nous nous apercevons que nous ne pouvons pas aller de l’avant chacun tout seul, mais seulement ensemble.

Il est facile de nous retrouver dans ce récit. Ce qui est difficile, c’est de comprendre le comportement de Jésus. Alors que les disciples sont naturellement inquiets et désespérés, il est à l’arrière, à l’endroit de la barque qui coulera en premier. Et que fait-il ? Malgré tout le bruit, il dort serein, confiant dans le Père – c’est la seule fois où, dans l’Evangile, nous voyons Jésus dormir –. Puis, quand il est réveillé, après avoir calmé le vent et les eaux, il s’adresse aux disciples sur un ton de reproche : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (v. 40).

Cherchons à comprendre. En quoi consiste le manque de foi de la part des disciples, qui s’oppose à la confiance de Jésus ? Ils n’avaient pas cessé de croire en lui. En effet, ils l’invoquent. Mais voyons comment ils l’invoquent : « Maître, nous sommes perdus; cela ne te fait rien ? » (v. 38). "Cela ne te fait rien" : ils pensent que Jésus se désintéresse d’eux, qu’il ne se soucie pas d’eux. Entre nous, dans nos familles, l’une des choses qui fait le plus mal, c’est quand nous nous entendons dire: " Tu ne te soucies pas de moi ? ". C’est une phrase qui blesse et déclenche des tempêtes dans le cœur. Cela aura aussi touché Jésus, car lui, plus que personne, tient à nous. En effet, une fois invoqué, il sauve ses disciples découragés.

La tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. Elle nous démontre comment nous avons laissé endormi et abandonné ce qui alimente, soutient et donne force à notre vie ainsi qu’à notre communauté. La tempête révèle toutes les intentions d’ "emballer" et d’oublier ce qui a nourri l’âme de nos peuples, toutes ces tentatives d’anesthésier avec des habitudes apparemment "salvatrices", incapables de faire appel à nos racines et d’évoquer la mémoire de nos anciens, en nous privant ainsi de l’immunité nécessaire pour affronter l’adversité.

À la faveur de la tempête, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos "ego" toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette appartenance commune (bénie), à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Seigneur, ce soir, ta Parole nous touche et nous concerne tous. Dans notre monde, que tu aimes plus que nous, nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissé absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas arrêtés face à tes rappels, nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pas écouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. Maintenant, alors que nous sommes dans une mer agitée, nous t’implorons : "Réveille-toi Seigneur ! ".

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Seigneur, tu nous adresses un appel, un appel à la foi qui ne consiste pas tant à croire que tu existes, mais à aller vers toi et à se fier à toi. Durant ce Carême, ton appel urgent résonne : "Convertissez-vous", « Revenez à moi de tout votre cœur » (Joël 2, 12). Tu nous invites à saisir ce temps d’épreuve comme un temps de choix. Ce n’est pas le temps de ton jugement, mais celui de notre jugement: le temps de choisir ce qui importe et ce qui passe, de séparer ce qui est nécessaire de ce qui ne l’est pas. C’est le temps de réorienter la route de la vie vers toi, Seigneur, et vers les autres. Et nous pouvons voir de nombreux compagnons de voyage exemplaires qui, dans cette peur, ont réagi en donnant leur vie. C’est la force agissante de l’Esprit déversée et transformée en courageux et généreux dévouements. C’est la vie de l’Esprit capable de racheter, de valoriser et de montrer comment nos vies sont tissées et soutenues par des personnes ordinaires, souvent oubliées, qui ne font pas la une des journaux et des revues ni n’apparaissent dans les grands défilés du dernier show mais qui, sans aucun doute, sont en train d’écrire aujourd’hui les évènements décisifs de notre histoire: médecins, infirmiers et infirmières, employés de supermarchés, agents d’entretien, fournisseurs de soin à domicile, transporteurs, forces de l’ordre, volontaires, prêtres, religieuses et tant et tant d’autres qui ont compris que personne ne se sauve tout seul. Face à la souffrance, où se mesure le vrai développement de nos peuples, nous découvrons et nous expérimentons la prière sacerdotale de Jésus : « Que tous soient un » (Jean 17, 21). Que de personnes font preuve chaque jour de patience et insufflent l’espérance, en veillant à ne pas créer la panique mais la co-responsabilité ! Que de pères, de mères, de grands-pères et de grands-mères, que d’enseignants montrent à nos enfants, par des gestes simples et quotidiens, comment affronter et traverser une crise en réadaptant les habitudes, en levant les regards et en stimulant la prière ! Que de personnes prient, offrent et intercèdent pour le bien de tous... La prière et le service discret : ce sont nos armes gagnantes !

« Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Le début de la foi, c’est de savoir qu’on a besoin de salut. Nous ne sommes pas autosuffisants ; seuls, nous faisons naufrage : nous avons besoin du Seigneur, comme les anciens navigateurs avaient besoin des étoiles. Invitons Jésus dans les barques de nos vies. Confions-lui nos peurs, pour qu’il puisse les vaincre. Comme les disciples, nous ferons l’expérience qu’avec lui à bord, on ne fait pas naufrage. Car voici la force de Dieu: orienter vers le bien tout ce qui nous arrive, même les choses tristes. Il apporte la sérénité dans nos tempêtes, car avec Dieu la vie ne meurt jamais.

Le Seigneur nous interpelle et, au milieu de notre tempête, il nous invite à réveiller puis à activer la solidarité et l’espérance capables de donner stabilité, soutien et sens en ces heures où tout semble faire naufrage. Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale. Nous avons une ancre : par sa croix, nous avons été sauvés. Nous avons un gouvernail : par sa croix, nous avons été rachetés. Nous avons une espérance : par sa croix, nous avons été rénovés et embrassés afin que rien ni personne ne nous sépare de son amour rédempteur. Dans l’isolement où nous souffrons du manque d’affections et de rencontres, en faisant l’expérience du manque de beaucoup de choses, écoutons une fois encore l’annonce qui nous sauve: Il est ressuscité et vit à nos côtés. Le Seigneur nous exhorte de sa croix à retrouver la vie qui nous attend, à regarder vers ceux qui nous sollicitent, à renforcer, reconnaître et stimuler la grâce qui nous habite. N’éteignons pas la flamme qui faiblit (cf. Is 42, 3) qui ne s’altère jamais, et laissons-la rallumer l’espérance.

Embrasser la croix, c’est trouver le courage d’embrasser toutes les contrariétés du temps présent, en abandonnant un moment notre soif de toute puissance et de possession, pour faire place à la créativité que seul l’Esprit est capable de susciter. C’est trouver le courage d’ouvrir des espaces où tous peuvent se sentir appelés, et permettre de nouvelles formes d’hospitalité et de fraternité ainsi que de solidarité. Par sa croix, nous avons été sauvés pour accueillir l’espérance et permettre que ce soit elle qui renforce et soutienne toutes les mesures et toutes les pistes possibles qui puissent aider à nous préserver et à sauvegarder. Étreindre le Seigneur pour embrasser l’espérance, voilà la force de la foi, qui libère de la peur et donne de l’espérance.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Chers frères et sœurs, de ce lieu, qui raconte la foi, solide comme le roc, de Pierre, je voudrais ce soir vous confier tous au Seigneur, par l’intercession de la Vierge, salut de son peuple, étoile de la mer dans la tempête. Que, de cette colonnade qui embrasse Rome et le monde, descende sur vous, comme une étreinte consolante, la bénédiction de Dieu.

Seigneur, bénis le monde, donne la santé aux corps et le réconfort aux cœurs.
Tu nous demandes de ne pas avoir peur.
Mais notre foi est faible et nous sommes craintifs.
Mais toi, Seigneur, ne nous laisse pas à la merci de la tempête.
Redis encore : « N’ayez pas peur » (Matthieu 28, 5).
Et nous, avec Pierre, “nous nous déchargeons sur toi de tous nos soucis, car tu prends soin de nous” (cf. 1P 5, 7).

Prière à Saint Martial pendant la pandémie

Nous te rendons grâces, Seigneur, pour la foi qui se transmet de génération en génération dans notre diocèse, en particulier pour la foi en la puissance d’intercession de son premier évêque Saint Martial.


C’est Martial qui a apporté en Limousin le nom de Jésus-Christ, aux débuts de l’évangélisation de notre pays. C’est par son intercession que nos compatriotes ont été délivrés du mal des ardents en 994. C’est lui que les confrères invoquent fidèlement tous les mercredis soirs pour notre diocèse, pour toutes les intentions qui nous sont confiées.


Aujourd’hui encore, de manière solennelle et grave, en communion avec tous les diocésains, nous demandons à Saint Martial d’intercéder auprès du Seigneur en ce temps d’épreuve.


Saint Martial, ami du Seigneur, toi qui vis en son Royaume, nous te prions de continuer de faire du bien et de nous montrer comment mieux ouvrir notre cœur au Sauveur que tu es venu nous annoncer, à Son Père et à l’Esprit d’amour.


Ô Dieu trois fois saint, par l’intercession de Marie ta Mère, de Saint Martial, et de tous les saints Limousins, délivre-nous du mal, de ce mal de l’épidémie de Coronavirus qui afflige la plupart des pays, toi qui es Père, Fils, et Saint-Esprit, pour les siècles des siècles.